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Traitements en post-récolte des fruits : des résultats prometteurs avec l’ozone

L’ozone présente un fort intérêt pour la conservation des fruits en raison de son fort pouvoir oxydant. Mais son utilisation, encore non réglementée* dans ce secteur, peut être potentiellement dangereuse. En attendant que le cadre législatif évolue, des essais menés en Suisse et en France permettent d’évaluer l’intérêt de cette molécule pour des applications en post-récolte.

Depuis 2015, le centre de recherches suisse, l’Agroscope mène en collaboration avec DLK Technologie des expérimentations sur pommes et fraises, avec des traitements à l’ozone post-récolte, à différentes doses et fréquences d’application. Selon les résultats, ces traitements ont permis de limiter le développement des maladies fongiques sans totalement les inhiber. Ils n’ont pas eu d’impacts négatifs ni sur les propriétés physico-chimiques des fruits (fermeté, acidité, et teneur en sucre) ni sur les qualités sensorielles des fraises. Cependant, sur les pommes, des brûlures lenticellaires ont pu être observées, ainsi qu’une augmentation de l’aspect graisseux, à doses ou fréquences d’application élevées. Selon Séverine Gabioud Rebeaud, chercheuse à l’Agroscope, « l'ozone doit être appliqué avec beaucoup de précautions » pour protéger les opérateurs, avec la nécessité d’« une bonne ventilation et d’une régulation précise » dans les cellules d’entreposage « pour éviter l’accumulation de l’ozone dans certains endroits qui pourraient être dommageables pour les fruits. ».

Trouver la juste dose et la juste fréquence d’application de l’ozone est un enjeu majeur « pour chaque fruit et même chaque variété de fruit », un excès pouvant induire des dégâts physiologiques sur les fruits, alors qu’une quantité trop faible peut jouer sur l’efficacité du traitement. Pour conclure, « selon nos expériences depuis 2015, l’ozone est une solution intéressante pour lutter contre les maladies dites secondaires (Botrytis, Penicillium…) mais sur les maladies du verger comme la pourriture lenticellaire, c’est un petit peu plus difficile, car l’ozone doit détruire l’épiderme du champignon. »

Les essais français corroborent ces résultats

Sur la plateforme TOAsT de l’école d’ingénieurs de PURPAN dédiée aux recherches sur l’ozone, des essais ont été mis en place en 2018 dans trois chambres de stockage, afin d’évaluer les performances de la conservation sous atmosphère ozonée sur des pommes (variété Pink Lady) pendant 1 mois. L’application d’ozone a eu un effet bénéfique sur la maladie Phytophthora, avec une diminution significative de la population fongique de surface. Côté qualité sensorielle, aucune modification néfaste n’a été constatée. Des résultats confirmés par les résultats obtenus en 2019 avec des fruits non traités avant récolte et conservés pendant 5 mois.

Frédéric Violleau, directeur adjoint de la recherche à PURPAN, est aujourd’hui « convaincu de l’effet fongistatique de l’ozone » et qu’il s’agit d’une « solution non rémanente », avec une absence de résidus pour les consommateurs. ». Aussi, le fait d’appliquer de l’ozone dans des chambres de conservation sous atmosphère conservatrice est une solution qui permet de ne pas exposer les opérateurs à des concentrations d’ozone qui pourraient être néfastes. » Ces résultats ont été présentés lors du webinaire du CTIFL du 4 février 2021.

* A ce jour, en France, l’ozone n’est autorisé que pour le traitement des eaux destinées à la consommation humaine et des salades prêtes à l’emploi.

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